la magie du voyage

Mardi 29 juin 2010, la rencontre avec Igor de Novosibirsk, la magie du voyage.
 
Il est 10:00 du matin, posé sur les coussins crasseux du bureau en mezzanine de l'atelier de mécanique d'Igor, bercé par un morceau musique de type « techno-biker russe », je me pose enfin.
 
Je me sens comme un gladiateur, a peine sorti de l'arène. Une sorte de Mad Max fatigué qui traine sa jambe droite dans ses déplacements, genouillères et protèges tibias encore en place, blouson renforcé sur le dos, le visage marqué par la fatigue et buriné par les heures passées en plein soleil, barbe grise de 4 jours, les poches latérales du pantalon remplies de glace - dans des sacs plastiques - pour calmer la douleur.
 
L'age et la raison n'arrivent toujours pas a prendre le dessus sur le besoin de sensations. Un peu casse-coup, mes récentes fractures de Noël avec le buggy Polaris de Bernard, ne m'avaient pas encore calmé.
 
Cette glace faisait plus d'effet que les paumades anticoups que j'avais dans ma pharmacie. Je sentais mon énergie revenir.
 
Mon corps avait été malmené ces tous derniers jours. Je ne me ménageais pas et n'en étais pas vraiment conscient. J'étais solide et anormalement endurant (encore plus, lorsque mon cerveau est pleinement mobilisé par l'exercice de ma passion).
 
Ceux qui m'ont accompagné dans mes voyages passés le savent, je suis infatigable et peux rester sans manger, ni boire pendant de longues heures, quelque soit l'environnement, même difficile... sans que cela m'affecte. Ce qui semblait être une force, ne l'était vite plus des lors que j'étais accompagné, l'autre pouvant vite se dégoûter par la dureté du voyage.
 
La rencontre avec Igor était importante, la crasse de son atelier de mécanique était aussi grande que sa générosité. Son rôle dans ma profonde intégration méritait d'être salué. Sa fraternité, avec celle d'Alexiev, m'avaient profondément touché.
 
Revenons a la journée de vendredi 25 juin.
 
J'avais quitté la veille les “Blacks Knives”, « les Couteaux Noirs d'Ekaterinburg » pour diner a la cantine d'un autre moto clubbbbb ami avec Yuri et des membres d'un groupe de Hell's Angels de la ville, décoré de croix de guerre de l'Allemagne nazi, de skull de la Gestapo, ces vétérans de l'Afghanistan avaient une cinquantaine d'années. L'un d'entre eux m'avait montré ces cicatrices de guerre sur sa cage thoracique, Âpres lui avoir un peu évoqué ma vie, il m'avait montré son permis de conduire de l'État de Floride. Leur accueil était irréprochable, ils m'avaient fait préparer le sauna russe, juste pour moi.
 
Taillé comme un ours de l'Oural, tatouages et représentations de symboles néo-nazis camouflés dans des dessins géométriques, Yuri me montrait sa discrète sympathie. Lors d'échange de badges, il m'avait offert un très ancien de motard de l'ancienne URSS et m'avait dit « you're good man..., white man, white bike, white power ». ces croyances semblaient claires.
 
Si je rencontrais des problèmes sur la route, il me propose de venir m'aider, il ne fallait pas que j'hésite a l'appeler.
 
Le jour de mon départ, Yuri m'attendait comme un soldat, a 9:00 précise au pied de mon hôtel.
 
Au guidon de son RoadKing, il allait me mettre sur la route de Tuymen, j'étais impressionné.
 
Je roulais a travers la Sibérie comme un maniaque qui doit impérativement faire des kilomètres. M'arrêtant le moins possible, seulement pour m'approvisionner en carburant et faire quelques images.
 
Les Sibériens vous le diront : ici entre deux poches de civilisation (les villes), si la nature parait très belle, elle est surtout hostile. Ce n'est pas un hasard si les bagnards russes étaient envoyés par ici pour effectuer certains travaux.
 
Les moustiques et les insectes qui vous attaquent tuent régulièrement des gens.
Les énormes taons s'abattent sur vous des que vous vous arrêtez et les produits repousses-bestioles ne les impressionnent guère.
 
Si les routes sont mauvaises, c'est tout simplement parce qu'elles subissent de fortes variations climatiques. Pendant le long hiver, la température descend facilement a -50 C et défonce une partie des infrastructure. On comprend mieux les raisons pour lesquelles en dehors des grands axes routiers, il n'y a plus que de la terre et plus du tout de bitume.
 
Les routes russes alternent : bonnes routes sans piège; bonnes routes très piegeuses ; très mauvaises routes et routes difficiles en réparation.
 
Ce vendredi, j'avais roule pendant 850 km et terminé, dans un motel pour routiers, épuisé.
 
Je charge sur mon dos, mes deux bagages de 38 kg (mes affaires pour trois mois) et 17 kg pour mon matériel photo et les dépose dans ma chambre. La femme de l'accueil me tend une serviette, je peux utiliser le lavabo commun a tout l'étage.
 
J'enlève mon blouson FXRG et le pose sur un cintre, j'enlève une a une mes protection de motocross, les genouillères protège-tibia, les coudières et les bottes, j'enlève l'essentiel de la crasse d'une longue journée de route et me pose sur le lit.
 
Je télécharge mes images de la journée dans un rituel bien réglé. Je n'ai rien mange depuis hier, malgré cela je n'ai pas faim, je suis juste crevé. Je bois quelques gorgées d'eau restée chaude. Je ne vais pas faire le difficile, de toute manière je n'ai que ca. Il faut que je dormes.
 
Samedi matin, je prends ma serviette et me dirige vers « le lavabo », le filet d'eau qui coule permettrait a peine de laver un hamster. Avec une allure de bad boy fatigué, équipé comme un gladiateur qui part au combat, je me dirige vers le restaurant du Motel, ouvert cette fois-ci. Je montre du doigt a la serveuse ce que je veux manger. Il s'agit d'une sorte de gratin de pomme de terre recouvrant un morceau de viande. Les menus en langue russe sont encore indéchiffrables et le poisson séché ou fumé ne me tentaient pas aujourd'hui, pour ce petit déjeuner. Depuis mon entrée en Ukraine, j'en avais déjà beaucoup mangé et j'avais aussi beaucoup bu d'eau et de coca, 5/7 litres quotidiennement.
 
Pour agrémenter ce festin, je commandais une boisson a la groseille, la couleur était sympa.
Pour le goût, je verrai bien.
 
Il ne faut pas que je traine trop car une longue route m'attend, du plaisir de rouler pendant des heures entières. Le rituel de l'amarrage terminé, en plein cagnard, a 10 heures du matin, sous les assauts incessants des taons et des nuages d'insectes volants sans carte d'identité.
 
Je monte sur ma machine, cale mes boitiers Leica autour du cou et place correctement les lanières de telle sorte qu'elles ne me blessent pas et m'élance sur cette route sibérienne en direction d'OMSK pour rejoindre Novossibirk.
 
La journée commence bien, mon Leica R9, équipé d'un DMR, fonctionne presque normalement.
Leica Camera France m'a prêté une très belle optique, je suis heureux de pouvoir l'utiliser. Ces derniers jours, la chaleur avait anesthésié le cerveau de mon boitier numérique et m'avait plongé dans une rage. De celles qui viennent de cette frustration de voir une très belle scène dans l'œilleton du boitier sans pouvoir l'immortaliser.
 
Ce cauchemar, je l'avais fait quelques fois. En pleine scène de guerre, sous une pluie de bombes, je suis la, témoin de l'histoire, mes boitiers en main... sans pellicule.
 
Aujourd'hui, tout marche. la journée sera bonne.
 
Les scènes de folies routières s'enchainent. On finit par s'habituer.
 
J'aime ses paysages sibériens, la lumière est belle, surtout en fin de journée car je roule vers l'Est et la position de la lumière est optimale. La chaleur est moins oppressante, autour de 30C.
 
Je suis lancé sur cette route depuis 650 km, et ce qui ne doit pas arriver... se produit.
 
Des Camions chargés m'avaient dépassé toute la journée lorsque je ne roulais qu'a 100 km/h. C'est ce qui se passe lorsque vous n'êtes pas dans le rythme de la circulation et c'est peu rassurant.
 
Je me trouve sur un tronçon de route de très bonne qualité. Sans raison apparente une voiture devant moi semble s'être arrêtée en plein milieu. Elle roule, en fait, a 50km/h. Pourquoi ?
 
A l'arrière de la voiture un point d'exclamation noire sur un carre sur fond jaune répond a mon interrogation (un débutant!). La fraction de seconde qui me permet de comprendre que ce type somnole au volant de sa voiture est trop courte. Je serre ma poignée de frein avant autant que c'est possible et passe de 110 km/h a … en quelques secondes au moment de l'atterrissage brutal dans l'arrière de sa Lada. Le coffre arrière de la voiture est replié sur lui même, le pare-choc aplati, la voiture immobilisée sur le bas coté, 38 mètres plus loin.
 
A cet instant précis, je suis peiné de savoir que le voyage est terminé. Finir comme ca cette belle histoire, c'est vraiment dommage. La moto au sol, au milieu de la voie rapide, la voiture emboutie immobilisée sur le bas cotés. Je me relève, ma jambe droite est touchée.
 
J'arrête un camion et fais descendre son chauffeur pour remettre la moto debout, elle reste néanmoins indéplacable. Le pare-choc et garde-boue avant sont écrasés au pneu avant, La roue ne peut plus tourner. Le sang sur le protège-jambe et le réservoir vient d'une légère coupure au doigt, je fais rapidement un bilan physique, je m'en sors plutôt bien.
 
L'aventurier n'est pas en règle. Administrativement parlant, il n'a pas le droit de circuler tout seul sans autorisations a travers tous le pays. Pour compléter le tableau, il n'a aucune assurance russe pour la moto.
 
J'avais acheté, via une agence de tourisme russe quelques jours avant mon départ de Paris, une invitation d'entreprise.
Invité par le Comité Olympique Russe, le ministère des Affaires étrangères m'avait validé mon business visa. L'obligation que je dois respecter pour faire illusion, est mon enregistrement systématique auprès de l'administration russe, par l'intermédiaire des Hôtels.
 
Ma nouvelle situation semble bien compliquée. je dois néanmoins dissimulé mon stress. J'essaie de démonter mon garde-boue pour dégager la moto de cette zone dangereuse. Les camions continuent leur défilé a des allures exagérées sur une scène d'accident.
 
La Police arrive enfin - façon de parler ! Ils font ralentir le flux des camions. Ils se marrent : « fransuski, ni pane mai! » la police prend mon passeport et des copies plastifiées de la moto, je garde mes originaux camoufles dans ma veste. ils me demandent de mettre la moto sur le bord de la route.
 
j'adore ce sens de l'humour, ca fait trois heures que j'essaie de déplacer la moto.
« Si vous êtes plus malins que moi, allez-y ! chargée, elle ne pèse que 450 kg, bon courage! »
Impuissants, ils me demandent de démonter. « Bien sur ! La au milieu de la route, ces mecs sont givrés »
 
J'arrêtes finalement un camion pour lui demander une barre a mine. J'arrive enfin a libérer le pneu de la pression du pare-choc et garde boue pliés. Le bouton « start » est enfoncé, la moto ne démarre plus.
La nuit tombe, il est 10 heure du soir, on est la depuis quatre heures, j'ai presque rien mangé depuis deux jours. La police rempli le constat d'assurance, réalise ses métrés.
 
Mon portable est en rade, je me sens un peu seul, pas de possibilités de demander de l'aide a mes amis bikers, mon chargeur solaire ne marche plus.
 
Un éclair de génie, je me dis que je dois pouvoir utiliser la batterie de mon laptop pour établir un rapide contact. Je pourrais ensuite renvoyer l'appel de mon contact sur le portable d'un policier ou celui de la victime de l'accident.
 
Au bout d'une demi heure mon i Phone fonctionne a nouveau. Avec cela, je devrais pouvoir m'en sortir.
 
Assis sur la banquette arrière de la voiture de Police, l'homme au trois étoile commence a perdre patience, il veut le papier qu'il me montre. Je fais celui qui comprend rien. Il s'agit bien entendu de l'attestation d'assurance russe, que je n'ai pas. Comme écran de fumée, je lui sors des documents d'assurance qu'il ne sait pas lire pour montrer ma bonne foi.
 
On ne va pas passer la nuit au milieu de la route, je dépanne la Harley en réglant mon problème de démarreur. Puis nous nous rendons au village voisin ou se trouve le poste de Police. La moto enfermée a clef dans leur garage.
 
Je propose d'indemniser directement la victime, ce sera plus rapide qu'avec n'importe quel assureur. Il est une heure du matin, je suis fatigue, il faut passer au Bankamat, le seul distributeur de billets du village, pour retirer de l'argent. Je n'ai rien sur moi.
 
Je viens de réaliser que nous sommes samedi soir et que mon compte risque de ne pas me donner d'argent si je n'appelle pas préalablement ma banque – les 6 heures de décalage horaire, nous amenés a après demain dans l'après-midi. il va encore falloir faire diversion. Je lui payerai les 600 USD qu'il me réclame, mais ce n'est pas dans ce village isolé que l'argent pourra lui être donné. Nous passons avec le policier au distributeur qui constate avec nous, par chance, que ce distributeur décoré des logos VISA ne fonctionne pas.
 
Franchement, je dormirai même dans un cachot tellement je suis fatigué et affamé. Accompagné par la Police, c'est finalement dans un motel a 170 roubles (4,5 euros) que je passe la nuit.
 
Je ne peux pas couper ma faim en buvant de l'eau, même chaude, car elle est restée sur la moto avec l'ensemble de mes affaires.
 
Un mal de crane s'installe, je transfère mes photos sur mon ordinateur portable, et me couche. Il est deux heures et demi du matin et nous sommes convoqués a 10:00 am.
 
Ma trousse de secours est aussi sur la moto. La nuit n'est pas bonne, un coussin coincée entre les genoux, la jambe surélevée par mon sac photo. C'est tout ce que je sais faire pour soulager la douleur.
 
J'essaie de dormir mais la jambe se réveille et douleur est trop forte. Je finis par m'assoupir deux ou trois heures. Au réveil, je me dirige vers le lavabo de l'étage, me rince et retire ma transpiration, Je remets mon tee shirt sale. J'essaie de retourner au distributeur de la ville mais il est trop loin et mon sac est trop lourd.
 
Je retourne au Poste de Police, trainant ma jambe, respectant mon heure de convocation.
C'est le chef du poste de Police qui me reçoit, une étoile de plus que celui de la veille. Plus âgé aussi que les autres.
 
Il me fait relire la déclaration... en russe. Je la signe.
 
Il me réclame sur le même ton que son collègue, la veille, l'attestation d'assurance, même si le problème d'indemnités a été réglé la veille et le montant consigné sur le procès verbal.
 
Je lui sors mon attestation Mondiale Assurance en français, sur lequel des montants en milliers d'euros figurant peuvent crédibiliser mon propos et puis aussi, ma carte verte - dont la couverture s'est arrêtés il y a bien longtemps. Il se rend bien compte que le mention RU pour Russie ne figure pas au dos sur la liste des pays couverts. j'essaie de l'embrouiller. Il photocopie soigneusement l'ensemble des documents, la photocopie de la carte verte sort noire, il n'y aura pas de suite concernant ce document pour l'instant. Il me rend tous les originaux et me raccompagne au garage afin que je récupère la moto.
 
Tous les Policiers du Poste sont la, ils veulent tous se faire photographier avec la moto et moi. Ils me réclament le stylo pour laisser leur empreinte et écrire eux aussi un petit mot. La scène est surréaliste. Alors que j'avais imaginé terminer la nuit au cachot, je reprenais mon statut d'aventurier.
 
Nous sommes dimanche. L'indemnité n'a toujours pas été réglée. Le gars de la voiture, Alexandre va lui aussi a Novosibirsk, a 230 km. Je lui propose que nous fassions la route ensemble et que l'on règle le problème une fois arrivé sur place.
 
En preuve de bonne foi, je lui remets mes photocopies plastifiées de la moto qui avaient servi a la police la veille et ma carte VISA PREMIER, une seconde carte que j'ai emporté en doublon et que j'avais fait soigneusement annule avant de partir, les dates de validités sont bonnes néanmoins cette carte inutilisable n'est qu'un leurre.
 
Nous roulions depuis trois heures lorsque la Police arrête la voiture emboutie d'Alexandre pour un contrôle de routine. Je l'attends sur le bas cotés. Il redémarre, me double et disparaît. Nous nous perdons de vue. Je me retrouve a Novosibirsk, une ville d'un million et demi d'habitants, avec comme seul GPS, le soleil.
 
La nuit passée au motel avait au moins servie a recharger mon portable, version SFR a 2,9 euros/minutes.
 
Dans l'immédiat. Il me faut un distributeur qui me donne de l'argent, une borne de chargement pour mon téléphone russe BEELINE, un Hôtel, un garage pour réparer, un contact avec un biker ami, quelque chose a me mettre sous la dent – ca fait trois jours que je n'ai quasiment rien mange, j'avais eu de l'espoir de grignoter quelques choses en prenant de l'essence. La pompiste avait accepté le paiement de l'essence, pas celui des gourmandises.
 
Il me fallait aussi retrouver Alexandre.
 
Je me rends dans un centre commercial, sort des espèces, crédite ma carte de téléphone mobile russe et acheté une boite de sushi, mélange de vache-qui-rit et de saumon fumé, pas question de se montrer exigeant aujourd'hui.
 
Puis j'appelle Andrei d'Ekaterinburg, a 1650 km d'ici, il m'avait servi d'interprète a distance avec les policiers et avec Alexandre. Il avait donc en mémoire son numéro. Pour lui confirmer ma localisation, je passe mon portable a un groupe de jeunes qui erre devant le supermarché.
 
Alors que c'est un biker, contact d'Andrei, que j'attends, c'est Alexandre qui arrive sur le parking a bord de la voiture de ses parents, le père descend souriant, l'ensemble des dents couverte d'or et sa mère dans une robe blanche. Je suis content de l'avoir retrouvé.
 
Avec ma carte valide, j'avais réussie a retirer de l'argent sans avoir a contacter ma banque. Alexandre me rend mes papiers et ma carte pour que je lui retire l'argent, il trépigne maintenant, il les veut.
Je substitue les cartes, retirent l'argent en roubles équivalant aux 600 USD promis.
 
Son visage s'éclaire, il a du mal a cacher sa joie, j'ai du payer plus que le cout normal de la réparation. Peu importe, ce problème est maintenant réglé.
 
Il me faut trouver le centre ville. Le programme de Google earth du iPhone est aussi doué que moi en langue russe. L'unique information exploitable, c est que le centre ville est sur l'autre berge du fleuve.
 
Stationné près du stade, je me dis que je vais bien finir par trouver un hôtel, mais le centre est bouclé par la police en raison d'une fête de la ville. Je m'arrête pour interroger un groupe de jeunes. Pas de chance, ils sont de Krasnayarsk, ma prochaine destination a 850 km. Et puis, un gars passe a coté de moi, en scooter. Voyant les dégâts de l'accident, il me lance un « : you need service! Come on! »
 
D'un geste de la main, je comprends qu'il faut le suivre. Alors que j'avais eu du mal a trouver le centre ville, il m'en faisait ressortir. Je rêvais d'un hôtel, d'une douche, d'un lit et d'un repas et
lui me conduisait loin du centre pour terminer face a un grand box fermé.
 
Il l'ouvre, c'est la qu'il me demande de laisser la moto.
 
Il me dit qu'il a prévenu sa femme, que j 'allais dormir chez lui et pour internet, pas de problème non plus, tu auras ta connexion.
 
J étais bien ennuyé, ce gars était un miracle trop facilement arrivé.
 
Je rappelle André d'Ekaterinburg pour qu'il parle avec lui et me donne son sentiment.
 
Positif! je charge mes affaires dans la Smart d'Igor et passons au minimarket. Il m'interroge pour savoir ce que je veux diner.
 
Arrivé chez lui, il me présente a sa femme et a son fils, déroule un très long câble Ethernet a travers tout l'appartement et montre mon lit entre le réfrigérateur et la gazinière. Tu es chez toi, tu seras mieux qu'a l'hôtel.