C'est la faute de Gengis Khan, la journée d'hier. Suifenhe, en Chine

 

 

La barrière est levée, le bus se dirige vers son terminus en centre ville de Suifenhe, en Chine.
 
L'arrivée et  le débarquement des bagages des voyageurs chinois se terminent. Le chauffeur chinois continue a me parler en russe. Je ne comprends toujours rien. Je devine qu'il va devoir retourner a l'entrepôt, et de la, nous devrions avoir de l'aide pour débarquer la moto.
Cela fait des semaines que je me décalle régulièrement d'une heure par grande étape, en me déplaçant vers l'Est. J'avais pris sept heures avec Moscou, neuf avec Paris, quatorze avec Miami.
 
Aujourd'hui, la bonne nouvelle, c'est que je recule de trois heures en passant la frontière, il n'est plus que 17h00, cela va me laisser un peu de temps pour débarquer la moto. L'aide chinoise vient naturellement. Mais trop peu de personnes dans l'entrepôt pour nous aider a descendre la moto . Je sors demander a un chauffeur de taxi de nous aider. Il me propose les services d'une masseuse ... j'ai un peu de mal a me faire comprendre ces temps-ci.
 
Quelques roubles, faute de yuans, facilitent la spontanéité de l'aide. le chaufeur nous rejoint et interpelle deux autres gars.
 
A plusieurs, nous tirons la moto vers l'avant de telle sorte que sa fourche puisse pointer son nez a l'extérieur, on doit la descendre bien horizontale. Si elle bascule elle se bloque, si elle glisse sur le cote, elle se bloque entre les poutrelles de la soute a bagages. Pas moins de cinq personnes pour la decaller la moto et la mettre dans l'axe. L'avant est  maintenant totalement dégage, j'en profite pour remettre ma roue avant, vérifier les étriers de freins, verifier que le censor d'ABS est place dans le bon sens, resserrer le guidon pour reprendre une bonne prise pour le portage.
 
A l'aide d'un clark, la moto est finalement sortie et descendue. Même si je n'ai pas de encore des yuans, les aides généreuses acceptent toutes les devises. On a change de monde, véritablement...
 
Je réorganise le chargement de la moto, je n'ai pas de programme defini en Chine, seulement aller a Shanghai.
 
Il ne faut pas que je me fasse piéger par le decallage horaire qui me fait perdre mes references, la nuit peut tomber tres vite, je n'ai pas encore pris mes marques.
 
Je ne les sens pas bien encore ces chinois de la frontière. Je décide de quitter rapidement cette ville pour aller en direction de Mudanjiang et Harbin, deux grandes villes vers l'ouest.
 
***
A peine sortie de la ville, je suis contrôle par la Police,  je présente mon passeport et la copie de ma carte grise plastifiee ainsi que mon permis de conduire international.
 
Je trouve mon contrôle bien long, puis des types en civil arrivent, je sens que je vais avoir des problèmes. Ils me parlent en russe, puis en chinois. Ils comprennent enfin que je suis Français.
 
Il n'arrentent pas de se parler, tous en même temps. Je suis immobilise une bonne heure.Je crois comprendre qu'ils se sont rendus compte qu'ils s'était passe quelque chose d'anormal avec la moto, il ne comprennent pas comment je suis entre en Chine. Il suffit de regarder mon passeport et ma moto pour savoir d'où je viens. « Paris-Siberie-Vladivostok et je me rends a Shanghai ». Je leur montre les photos que j'ai prises pendant le chargement et déchargement de la moto. Ils sont très surpris.Celui en civil, prend ma carte SD pour visionner mes photos sur son appareil photo, cela ne marche pas. Je lui fait signe de me la rendre. Il n'est pas d'accord. J'insiste, il m'ignore.
 
J'ai l'impression queles types en civil sont des douaniers.
 
Je crois qu'ils ont juste oublier de bien vérifier le contenu de la soute. Je comprends qu'ils veulent ramener la moto a la frontière, il est tard.
 
Le policier avec lequel j'avais rapidement sympathise a la douane, celui qui m'avait longuement interroge, m'avait donne ces coordonnées téléphoniques, et m'avait dit en anglais: « je suis Édouard, tu peux m'appeler si tu as un probleme ».
 
Peut-être peut-il m'aider ? je lui passe un coup de fil et me repond, je suis au courant. « Ta moto ne peut pas rouler, ici, sur la route, elle va être immobilisée, comment est-elle entree. Il faut que tu viennes a la douane, demain a six heures »
 
Et moi, ce soir que va-t-il se passer, qu'est ce que je fais maintenant ?
 
« Profites bien de la ville et de ta soirée, les chinoises sont sympas. Tu es le bienvenue en Chine »
 
Dans la soiree, je rencontre des chauffeurs de camions russes qui m'indiquent un Hôtel et m'accompagnent. Finalement, je les invite a diner. On se retrouve dans un restaurant ouon retrouve d'autres chauffeurs russes. La soirée se finit au Cognac Ukrainien. L'un d'entre eux, Alexiev, me propose de ramener ma moto jusqu'à la frontière russe, si toutefois je peux la récupérer. Il se propose de venir passer me prendre a 5:30 du matin.
 
il est 6 heures, la moto est bien la en quarantaine avec mes sacs, un des douaniers accepte que l'on charge la moto sur le camion, avec l'aide de trois chauffeurs russes qui retournent chez eux.
 
Puis c'est l'attente, le douanier ne veut pas tamponner mon passeport pour me laisser sortir de Chine, je passe au guichet voisin qui me renvoie sur la tête de mule, il ne veux toujours pas faire son job. Il fait passer trois autres personnes devant moi et finalement accepte de poser son cachet sur mon passeport.
 
Je suis content de m'en sortir de cette manière. Le camion prend le même chemin que la veille.
Lorsque je suis reçu par les douaniers russes, je sens un accueil tout de suite très diffèrent.
 
Je représente mon passeport, je suis en regle avec mon visa, ma deuxième entrée en Russie est toujours disponible. Les douaniers russes sont contents de revoir le Français a la Harley. Ils montent sur la moto, se font photographier, me servent une énorme part de gâteau crémeux rose fluo avec des fleurs sucrées et me propose un café.
 
IL faut maintenant descendre la moto par une poutrelle etroite du camion. Un exercice de cirque, dangeureux. Le chauffeur me guide, davai,davai... allez go !!
 
Mon voyage en russie aura ressemble a cela, un grand saut dans l'inconnu. Un inconnu tres attachant.
 
Ma déception n'est pas grande car l'aventure n'est pas finie. Vladivostok est un cul de sac. Dans 2/3 jours, je prendrais le ferry direction Sokho ou Busan en Corée du Sud. Une des grande plateforme pour expédier la moto quelques part.